Pourquoi j’ai écrit le livre « Les 60 jours les plus importants de votre grossesse »

La réponse aux journalistes

Les 60 jours les plus importants de votre grossesse
Les 60 jours les plus importants de votre grossesse

J’ai conversé ce matin avec mon attachée de presse à laquelle je demandais des nouvelles de mon dernier livre et elle m’a fait comprendre que la presse française hésitait à donner sa chance aux arguments qu’il contenait.

Depuis que je suis nutritionniste, j’entends les leaders d’opinion clamer que le surpoids, l’obésité et le diabète représentent un fléau. Et chaque année, ce fléau progresse sans désemparer avec ses deux milliards de personnes en surpoids et plus grave encore, ce tout ce dernier chiffre inouï qui relève du génocide : 2012 : 2.9 millions de diabétiques français, 2016 : 5.1 millions.

Le livre dont je vous parle porte un plan inscrit au croisement de deux sciences, l’épigénétique et l’embryologie. Je suis convaincu, avec des centaines d’autres chercheurs, qu’il peut et qu’il doit neutraliser ce fléau. Non pas au niveau de l’individu déjà touché relevant hélas du seul régime, mais à sa racine, au moment où dans le ventre de la mère, le pancréas fœtal en construction dans un environnement hautement glucidique, développe une vulnérabilité définitive au surpoids et au diabète.

La presse générale répond que le thème de ce livre et de ce plan relève d’un sujet de niche trop particulier pour elle. Non ! L’ensemble des mères compose la matrice du genre humain qui engendre 380.822 naissances par jour dans le monde. La grossesse façonne l’enfant à venir selon une partition génétique qui avait tout prévu sauf l’irruption d’un intrus nutritionnel : l’aliment glucidique industriellement transformé. La mère s’en nourrit et son pancréas le tolère mais pas celui de l’enfant qu’elle porte. Ce pancréas en plein développement sera altéré par une sollicitation sucrée trop précoce. Il en conservera une vulnérabilité et une prédisposition définitive qui ,en deux générations, a fait exploser la double épidémie du surpoids et du diabète.

La presse féminine ou la presse médicale répond que le sujet est sensible ou tabou et que je suis trop marqué par ma lutte contre le surpoids pour m’en approcher.

A mon âge, je pourrais très bien me reposer sur mes lauriers mais, médecin depuis mes 24 ans, j’ai été formaté et façonné pour m’émouvoir d’une simple angine et j’ai du mal à ignorer le mal que représente l’hécatombe issue du diabète et de l’obésité.

Je suis persuadé qu’il est aujourd’hui possible de tarir ce fléau à sa source. Si rien ne semble arrêter la progression de ce dragon aux ailes déployées, il est possible de le museler quand il est dans l’œuf. Comment ? En expliquant aux mères que ce qu’elles mangent, leur bébé le mange et qu’en évitant les sucres transformés, elles protègent le pancréas de leur bébé au moment où il nait, se construit et se développe.

J’affirme que cela est possible, les épidémiologistes, les embryologistes le disent, l’OMS y souscrit, tous les obstétriciens que j’ai interrogés le pressentent sans savoir comment le formuler ou le prescrire.

Des millions de vie que notre génération s’apprête à engendrer en dépendent. Chaque enfant qui vient au monde aujourd’hui porte un pancréas, unique moyen de survivre au sein d’un environnement sucré qui se renforce à chaque génération. Mais ce petit pancréas naitra fort ou vulnérable selon l’importance de la consommation maternelle de « sucres industriels » au cours de la période cruciale des 60 jours du 4ème et 5ème mois de la grossesse.

Aujourd’hui, on demande aux mères d’éviter le tabac et l’alcool pendant leur grossesse. On leur en explique les raisons et l’instinct maternel fait le reste, instaure une conviction et une décision. Pour qui s’intéresse aux statistiques, le surpoids, l’obésité et le diabète tuent plus que le tabac et l’alcool réunis. C’est la raison pour laquelle, je conseille d’ajouter « les sucres invasifs » aux deux précédents interdits pour les deux mois où s’installe la vulnérabilité.

A quel horizon cette mesure porterait-elle ses fruits ? A la naissance, le bébé naitrait avec le poids moyen qu’il portait avant les années 70 – 3 kilos – au lieu des 3.5 kilos actuels. A six mois et à cinq ans, la même réduction des statistiques de l’obésité s’afficherait.

Les études épidémiologiques montrent que l’accélération fulgurante de l’épidémie de Diabésité a débuté en 1970. Avant cette date, l’obésité et le diabète étaient des maladies peu fréquentes.

Progressivement, sont apparus des bébés plus gros à la naissance, à six mois et à cinq ans. On a vu, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des enfants et des adolescents diabétiques de type 2. On a vu des mères développer plus fréquemment des diabètes gestationnels. Et en 50 ans, ce regroupement de maladies rares sont devenus un fléau épidémique.

Au sein de cette première génération, ces bébés devenues femmes ont engendré la deuxième génération d’enfants porteurs d’un pancréas encore plus vulnérable. Nous sommes entrés dans un cercle vicieux qui s’aggrave à chaque tour de cycle et chaque génération. Et nous abordons la troisième génération avec forte inquiétude.

Tout a commencé dans les années 70 avec la diabolisation des graisses et du cholestérol a laissé la porte grande ouverte aux sucres. Au moment même où l’industrie alimentaire prenait son essor en surfant sur le blanc-seing accordé aux sucres.

Depuis deux générations, des femmes enceintes, se nourrissant, en toute innocence, comme le reste de la population, d’une alimentation anormalement riche en sucres industriellement modifiés, programment en leur sein, des enfants au pancréas malmené doté d’une prédisposition qui s’accomplira pour le reste de leur vie.

Si toutes les mères du monde s’éloignaient pour deux mois de cette alimentation, elles mettraient au monde des enfants qui deviendraient ce qu’ils étaient avant l’explosion de l’industrie sucrière. Et j’ose à peine le dire tant cela peut paraitre énorme, en 25 ans, le surpoids, l’obésité et le diabète redeviendraient des maladies rares.

Je reviens d’Italie où mon livre est paru et la presse italienne m’a entendu. « Vérité en-deçà des Alpes, erreur au-delà. »

Si vous avez des doutes sur ce que j’exprime, lisez mon livre et je suis sûr que l’instinct maternel et le bon sens réunis auront raison de cette effrayante menace.

A propos Pierre Dukan 60 Articles
Médecin nutritionniste depuis plus de 40 ans, Pierre Dukan est spécialiste du comportement alimentaire et de la rééducation nutritionnelle. Il a consacré sa vie au combat contre l'obésité. Il est devenu l’un des auteurs les plus lus en France et dans le monde. Il est l'auteur de 19 livres, traduits dans 25 langues et vendus à plus de 11 millions d'exemplaires. Aujourd'hui, après 40 ans de pratique et plus 40 000 patients traités, Pierre Dukan se consacre entièrement à sa mission, la lutte contre l'obésité dans le monde. Il continue de développer et populariser sa méthode.

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